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Découverte de la Normandie au gré des promenades littéraires, mystérieuses, romantiques et historiques

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Léopold Sédar Senghor

UN GEANT POETIQUE
REPOSE A VERNON

 

 


Léopold Sédar Senghor

Photo Editions du Seuil


 


 



  Son royaume de l'enfance  :  Djilor

Léopold Sédar Senghor est né le le 9 octobre 1906 à Joal, au sud-est du Sénégal, le long du fleuve Saloum.  Il est le fils de Basile  Diogoye Senghor et de Gnilane Bakhoum.

Mais c'est à Djilor qu'il grandit,  dans la famille de sa mère. Il est avant tout  d'origne Sérère, un peuple proche de la nature. C'et cette culture orale et  musicale dominée par la présence de la femme qui le marquera profondément  dans toute sa poésie. D'ailleurs, enfant, il passait de longues journées avec son oncle maternel Tokor Waly qui l'initiait aux secrets de la nature et aux traditions mais aussi la faune, la flore et la cosmologie, ces  éléments éssentiels à toute civilisation. C'est en 1913,  à l'âge de   sept ans qu' il rentre  pour la première fois à la mission catholique auprès du Père Dubois de Djilor pour apprendre  le catéchisme et découvrir la langue française

 

1914. Au collège de Ngasobil, tenu par des pères, il fait durant neuf ans, l'apprentissage de la discipline et poursuit des études analogues à celles de l'école primaire française

Cette langue qu'il apprend enfant est vénérée, sublimée et plus tard sera enseignée.

 .
1927

Envoyé au collège-séminaire Libermann de Dakar pour y étudier le grec et le latin, le jeune Senghor songe à devenir prêtre et professeur. Il s'indigne du mépris dont la culture traditionnelle africaine est l'objet

1928. Arrivé à Paris en octobre, l'étudiant est déçu. Découragé par la Sorbonne, il entre au lycée Louis Le Grand pour préparer l'Ecole Normale Supérieure. Il y rencontra Georges Pompidou l'année suivante.
1930. Voyage en Touraine. Inscription dans le groupe des étudiants socialistes.
1931. Année de l'Exposition coloniale. Senghor fréquente les milieux noirs de Paris. Il rencontre René Maran et se lie d'amitié avec Damas et surtout Césaire.

 

Pour lui, la langue est un véritable outil, mais aussi un précieux  passeport pour repenser le monde. Son autre langue, le Sérère lui donnera toute la puissance créative de la Négritude.

Djian dit très justement dans Genèse d'un imaginaire francophone que :

"Sa langue est son être. Son corps, son esprit. Il la modèle, la métisse, l'embellit"

METISSAGE

La confrontation a été cruelle et sanglante tout en étant fructueuse pour Léopold Senghor.

Assimiler et non être assimilé fut  pour lui, un revendication , un combat pour le métissage culturel. 

Il se définit lui-même comme un métis culturel lui apportant par le souffle de sa pensée toutes sortes de sensibilités comme le souligne Nymrod dans son essai  Tombeau de Léopold  Sédar Senghor.

La poésie de Senghor lie intimement le metissage par les noms de lieux, de la faune, de la flore de son pays natal. Nous sommes dans l'expression africaine mais construit sur les mots de la langue française, sans parti pris et sans folklore.

NEGRITUDE

1932. Il obtient un diplôme d'études supérieures pour son mémoire L'exotisme chez Baudelaire, mais échoue au concours d'entrée a l'école Normale Supérieure. Il préparera désormais l'agrégation de grammaire. Pour cela, il acquiert la nationalité française. En juillet il effectue son premier retour au Sénégal. Son père mourra quelques mois plus tard. En septembre, à Paris, il envisage avec Damas et Césaire un monde nouveau incluant les valeurs nègres. Ce sera la Négritude.

C'est l'apport du peuple noir à la culture occidentale, thème de l'Universalité cher à Senghor.

" Ma négritude point n'est sommeil de la race maison soleil de l'âme, ma négritude vue et vie.

Ma négritude est truelle à la main, est lance au poing" (Elégies majeures)

Oui,  Senghor vit cette Négritude comme un combat permanent   pour réhabiliter et reconnaître la culture négro-africiane, vers un nouvel humanisme.

 

 

 


Tirée de "Léopold Sédar Senghor : l'émotion et la raison " de Jacqueline Sorel

 

.

Le défenseur de la négritude et de la francophonie

1933. Admissible à l'agrégation de grammaire, il échoue à l'oral. Léopold se console en découvrant la Grèce et la Turquie. A Paris, il devient président d'une association d'étudiants de l'Afrique de l'Ouest. 1934. Césaire et Senghor font du journal L'Etudiant noir le porte-parole de la Négritude. Du 20 octobre 1934 au 12 octobre 1935, Senghor effectue, comme tous les jeunes Français, son service militaire. 1935. Reçu a l'agrégation de grammaire, Senghor est nommé professeur de 6e au lycée Descartes de Tours. 1936. Militant de la SFIO, Léopold suit les événements mondiaux. L'entrée des troupes italiennes à AddisAbeba lui inspire le poème A l'appel de la race de Saba. 1937. Le 10 septembre, au Sénégal. la conférence qu'il donne à la Chambre de commerce de Dakar surprend l'administration coloniale qui a accueilli en grande pompe le premier agrégé noir. Sa thèse : assimiler et ne pas être assimilé.  1938. I1 est nommé professeur au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés, dans la banlieue parisienne, et s'installe rue Lamblardie, près du bois de Vincennes. De nombreux poèmes datent de cette époque, que l'on retrouve dans Chants d'ombre. L'exilé effectue un retour aux sources de sa mémoire. 1939. Dans Ce que l'Homme noir apporte, publié dans un ouvrage collectif sur l'homme de couleur, Senghor montre que les Noirs ont une civilisation et un patrimoine à léguer. En septembre, la France se prépare à la guerre, et le jeune professeur se retrouve soldat de deuxième classe dans une caserne parisienne. 1940. En févner, il est affecté dans un régiment d'infanterie coloniale, et le 20 juin il est fait prisonnier à La Charité-sur-Loire. En septembre, au camp d'Amiens où il est détenu, Senghor compose Au Guelowar, inspiré par l'appel du général de Gaulle, et de nombreux autres poèmes qui figureront dans Hosties noires. 1942. Après avoir changé plusieurs fois de camp de détention, Léopold est libéré pour raison de santé. I1 reprend sa classe à Saint-Maur-des-Fossés. 1944. Du 30 janvier au 8 février, la conférence de Brazaville organisée par le général de Gaulle fait naître l'espoir d'un changement dans les relations francoafricaines. La fin de la guerre approche, et Léopold Senghor, dans La Communauté impériale française, trace les grandes lignes d'une nouvelle politique. Plusieurs poèmes de cette époque témoignent de son indignation devant le fait colonial. L'école nationale de la France d'outre-mer confie a Senghor la chaire de linguistique, autrefois occupée par Maunce Delafosse. 1945. En mars, Senghor est désigné pour participer aux travaux de la commission Monnerville chargée d'étudier la représentation des colonies dans la future Assemblée constituante. En août, une bourse du CNRS lui permet de se rendre au Sénégal pour enquêter sur la poésie sérère. Lamine Guèye, député du Sénégal au parlement français, le persuade de s'engager dans la politique à ses côtes. Senghor est élu pour représenter l'électorat du 2e collège, celui du petit peuple des campagnes. 1946. En janvier, le départ du général de Gaulle amène de nouvelles élections. Senghor découvre les méandres de la politique française. I1 participe à la mise en forme des textes de la future Constitution. Il publie dans Gavroche un article qui prône le fédéralisme pour l'Union française, et parle de conquérir la liberté par des moyens violents. En septembre, Léopold se marie avec Ginette Éboué, la fille du gouverneur général de I'AEF, le premier en Afrique à avoir répondu à l'appel du général de Gaulle en 1940. En octobre, à Bamako, naît le Rassemblement démocratique africain (RDA). Les sénégalais Lamine Guèye et Senghor ont boudé l'événement. L'unité africaine en souffrira 1947. Le soulèvement malgache en mars, la grève des cheminots du Dakar-Niger en octobre et les contacts avec ses électeurs mobilisent l'énergie du député de la brousse, tandis que la revue d'Alioune Diop Présence africaine, qui voit le jour en décembre, requiert le soutien de l'écrivain Senghor. En juillet, le couple Senghor accueille son premier fils, Françis. 1948. Mort de Gnilane. C'est une page du passé qui se tourne, mais une page de l'avenir s'ouvre avec la naissance d'un deuxième fils, Guy. Les relations entre Lamine Guèye et Senghor sont de plus en plus mauvaises. Elles aboutissent à la rupture. Senghor démissionne de la SFIO pour créer, avec Mamadou Dia un parti, le BDS, Bloc démocratique sénégalais, et un journal, La Condition humaine. En novembre. Senghor rejoint a l'Assemblée le groupe des Indépendants d'outre-mer. Publication de Hosties noires (Seuil) et d'une Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française (PUF) précédée d'une préface de Jean-Paul Sartre, Orphée noir; qui fait retentir l'idée de négritude. 1949-1950. Léopold parcourt le Sénégal pour présenter son mouvement qui se veut toujours socialiste mais avec un enracinement rural africain. II livre par ailleurs ses réflexions et ses poèmes dans de nombreuses publications. 1951. Large succès du BDS aux élections législatives. Lamine Guèye est battu. 1952-1954. Le président du BDS renforce sa popularité au Sénégal, l'écrivain Senghor augmente sa notoriété sur le plan international (->1954). Il publie notamment un manuel scolaire, La belle histoire de Leuk-le-Lièvre, une étude sur Victor Hugo et divers articles sur la civilisation africaine. 1955. Sous le gouvernement d'Edgar Faure, Senghor devient secrétaire d'état à la présidence du Conseil. Il exprime ses options dans deux articles : L'Afrique et l'Europe et Pour une solution fédéraliste. Léopold vit un drame familial en divorçant d'avec Ginette Eboué. 1956. En juin, une loi-cadre accorde une semi-autonomie aux territoires d'outre-mer et crée des conseils de gouvernement. Elle est combattue par Senghor qui aurait souhaité un cadre fédéral. Il tente, dans de nombreux articles, de faire entendre sa voix. A Paris, le 19 septembre. se tient le premier Congrès des artistes et écrivains noirs. Le 29 septembre, Senghor est élu maire de Thiès. Publication d'Éthiopiques, un recueil de poèmes qui comporte en postface Comme les lamantins vont boire à la source, une clé pour comprendre la poésie senghorienne. 1957. Le BDS fusionne avec d'autres partis de I'AOF au sein de la Convention africaine. La Condition humaine prend le titre symbolique de L'Unité. Le 18 octobre, Léopold Senghor épouse Colette Hubert une Française originaire de Normandie. Il leur naîtra un fils, Philippe Maguilen.

UNIVERSEL

Afrique et Occident voilà un concept cher à Senghor pour aller au devant du dialogue des cultures

" Une civilisation  qui, faite des valeurs complémentaires de tous les continents et de tous les peuples, parachève l'aventure humaine en une seule et fratrnelle communauté d'espérance et destins".

(à suivre)

 

 

 

 

                                                                                                                        

 

 

 
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