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Découverte de la Normandie au gré des promenades littéraires, mystérieuses, romantiques et historiques

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Analyse sur la naissance de Nicolas Poulain

On a tant glosé, vociféré sur l’origine de ce Nicolas Poulain, qu’il convient une fois pour toute de mettre les choses au claire.
A la fin du XVIème siècle, la France eut un roi dont le règne fut éphémère, c’était Charles Ier de Bourbon, appelé Charles X pour les besoins de la couronne. Oncle et parrain d’Henri IV et cousin germain de François de Lorraine, il était né en 1523. Abbé de Jumièges, St Wandrille, de Châalis , évêque de Carcassonne, Cardinal, archevêque de Rouen de 1552 à 1590, légat du pape en Avignon de 1565 à 1590, c’est lui qui avait béni le mariage de Marguerite de Valois et d’Henri IV à la veille de la Saint-Barthélemy. À la mort du duc d’Alençon, dernier frère d’Henri III, il fut reconnu par la Ligue et Philippe II d’Espagne comme héritier présomptif de la couronne de France. En 1588, Henri III le désigne comme son plus proche parent. Après le meurtre de ce dernier, Charles de Bourbon-Vendôme fut proclamé roi par les Ligueurs au château de Gaillon, dans la Maison Blanche du Lydieu , le 2 août 1589.
Une anecdote peu connue révèle que Charles de Bourbon, futur prêtre-roi, eut une liaison avec une femme dont ignore tout. De cette union interdite, un fils naquit à Saint-Denis vers 1560. Un fils d’archevêque cela fait désordre, bien qu’il ne fut pas le premier dans ce cas. Outre Châteaubriant, Gérard de Nerval affirme lui aussi qu’il eut un fils naturel appelé Poullain .
Nous présentons donc ici un élément de preuve irréfutable car authentique et historique à propos de ces allégations. Cette preuve date de 1725, année de sa publication. Elle apparaît dans les sources généalogiques les plus connues et pourtant personne à ce jour n’a songé à la mentionner. Elle fut publiée par le père Anselme de Sainte Marie dans son Histoire Généalogique de la Maison de France, ou il dit très objectivement: « Fils naturel du Cardinal de Bourbon: N. POULLAIN à qui le Roi Henri IV, le qualifiant de Sieur Poullain, fils naturel de feu M. le Cardinal de Bourbon son oncle, ordonna une somme de mille écus dont sa Majesté lui avait fait don, pour lui être payée par Balthazar Gobelin, Trésorier de l'Epargne (extrait de l'original du Conseil du Roi, tenu pour les finances à Paris le 16 mars 1595) » . Le texte du père Anselme est indéniable. Nicolas Poulain (ou Poullain), le prisonnier de la tour de Gisors, est bien le fils de Charles de Bourbon, archevêque de Rouen. Ou alors, par quel fantastique hasard, pourrait-on trouver deux N. Poulain dans la même région, à la même époque? Quelles pourraient être les possibilités, statistiquement parlant?
A l’instar de son fils, agent double emprisonné à Gisors, ami ou ennemi on ne sait trop, Charles X n’eut guère plus de chance. Il fut arrêté à Blois le 23 décembre 1589 et placé en résidence surveillée, tandis qu’on assassinait les Guises . Il mourut prisonnier à Fontenay-le-Comte le 9 mai 1590 et fut enterré en la Chartreuse de Bourbon-lèz-Gaillon qu’il avait fait ériger de son vivant. Son tombeau fut ravagé par l’incendie de 1764. Ses cendres, avec celles d’autres princes et princesses de Bourbon, furent transférées dans une crypte de la nouvelle Chartreuse reconstruite au même endroit. L’abbaye ayant été détruite pendant la Révolution, le marbre tumulaire, reflet d’une haute initiation (tête de mort et tibias entrecroisés), fuit placé dans l’église Saint-Georges d’Aubevoye.

Thierry Garnier
© Thierry Garnier 2005

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