On disait couramment que ce roi orgueilleux et agressif aspirait à la couronne de France, parce que le jeune et renommé prince était le seul fils que son père eût de sa très noble épouse, la soeur du comte Robert de Flandre (16).
16) Soeur utérine seulement. Berthe de Frise était fille de Florent Ier, comte de Hollande, et de Gertrude de Saxe; celle-ci, veuve de Florent, avait épousé en 1060 Robert Ier, comte de Flandre, à qui succéda en 1093 son fils Robert II.
Ses deux autres fils, Philippe et Floire, étaient nés de la comtesse d'Anjou, Bertrade, avec laquelle il avait, quoique déjà marié, vécu en concubinage (17);
17) Ils étaient nés entre 1093 et 1097 (A. Fliche, Le règne de Philippe Ier, roi de France, page 549).
aussi ne les comptait-on pas comme des successeurs pour le cas où par infortune l'unique héritier décéderait d'abord. Mais, parce qu'il n'est ni permis ni naturel que les Français soient soumis aux Anglais, ni même les Anglais aux Français (18),
18) Les Grandes Chroniques traduisent : « Pour ce que ce n'est pas droit ne chose naturelle que François soient en la subjeccion d'Anglois, ains est droit que Anglois soient en la subjeccion françoise », ce qui ne répond ni à la structure de la phrase latine, ni aux idées générales de Suger. Voir, à l'encontre de notre opinion, O. Cartellieri, Abt Suger von Saint-Denis, page 114, note
l'événement déjoua sa détestable espérance. Le fait est que, s'étant, lui et les siens, tourmenté de cette folie pendant trois ans et plus, et voyant que, ni par le moyen des Anglais, ni par le moyen des Français liés à lui par l'hommage, il n'avançait à rien, qu'il ne pouvait satisfaire son désir, il perdit courage. Il passa en Angleterre (19),
19) Le 10 avril 1099.
où il se livra au plaisir et à ses caprices. Un jour, il chassait avec ardeur dans la Forêt Neuve, quand il fut inopinément frappé d'une flèche (20). Il périt.
20) Le 2 août 1100. La Forêt Neuve se trouve entre Southampton et Winchester. L'endroit où tomba Guillaume est connu et marqué par une pierre (Freeman, The reign of William Rufus, tome II, pages 657 à 676).