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Dans la Manneporte, un giganteste arc de pierre se glisse,menaçant, sur la gauche du tableau cette fois, dans une vue rapprochée. monet ne put peindre cette vue que d'une plage difficilement accéssible. la réduction des éléments du tableau, l'intersection et l'assymétrie avec laquelle l'arc est placé dans le tableau, rappellent les estampes d'Hokusaï.
On remarque dans ces toiles une tendance à se limiter à des détails essentiels, c'est-à-dire à ne plus transmettre une impression d'ensemble. la mer et les rochers, quis emblent être presque au même niveau au premier plan dans la partie gauche de la toile, ne se distinguent les uns des autres que apr leur structure et leur couleur.
tandis que le large, sans forme, paraît extrêmement agité à cause des innombrables touches papillonnantes bleu, vert et blanc cassé, les structures horizontales du rocher bleu-gris aux contours sévères font penser à de réelles couches rocheuses. Cette polarité de roche dure aux formes précises et de mer agitée dépourvue de forme est liée par une lumière dramatique où alternent les parties claires et les parties ombragées. Car tandis que la surface intérieure de la porte rocheuse est illuminée par une douce lumière rose ôtant à la roche un peu de sa monumentalaité, les parties ombragées confèrent dureté et fermeté à l'eau qui déferle. Les éléments s'aprochent doucement l'un de l'autre. La reproduction qui engendre l'illusion, l'observation de la nature dans des conditions atmosphériques différentes et une disposition de plus en plus déterminée apr la couleur ont ici la même valeur.
Karin Sagner-Düchting
Claude Monet - 1840-1926
Une fête pour les yeux. édition Bénédikt Taschen
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